Être accompagnant, ce n’est pas aider.

C’est souvent mal compris.
Et pourtant, c’est souvent là que le métier commence.

Aider, c’est prendre une part du problème.
Accompagner, c’est rendre au problème sa place pour que ceux qui le vivent puissent le travailler.

Un accompagnant ne sauve pas.
Il ne tranche pas.
Il ne rassure pas à crédit.
Il ne distribue pas des solutions pour acheter la paix.

Il tient un espace.

Un espace où le conflit peut exister sans tout casser.
Un espace où la parole ne sert pas à gagner mais à comprendre.
Un espace où chacun peut réapparaître autrement que dans son rôle défensif.

Dans certains moments, le groupe teste le tiers.
Teste sa solidité.
Teste s’il va devenir juge, allié ou adversaire.

Quand accompagner devient prendre la place
Quand accompagner devient prendre la place

C’est souvent là que la fonction apparaît.

Parce que tout pousse à intervenir trop vite.
À corriger.
À calmer.
À réparer.

Dans beaucoup de situations, la difficulté ne vient pas seulement du conflit.
Elle vient aussi de la tentation permanente de le résoudre trop vite pour retrouver du calme.

Tenir, dans ces moments-là, ce n’est pas durcir.
Ce n’est pas se retirer.
C’est rester présent sans s’emparer de la scène.

L’accompagnant ne supprime pas la tension.
Il la rend pensable.

Et parfois, le travail commence simplement là :
dans la capacité à rester ensemble sans fuir ni écraser.

Être tiers, ce n’est pas être au-dessus.
C’est refuser de prendre la place des autres
pour qu’ils puissent progressivement reprendre la leur.

 

Cette réflexion fait écho aux travaux autour de la relation d’accompagnement et de la non-substitution dans les métiers du travail social et de l’accompagnement : Maela Paul Carl Rogers ;